Tour du Poitou Charentes (2.1)

Le tour du Poitou Charentes est une épreuve par étape longue de 4 jours et 5 étapes. Le classement général est généralement dominé par des spécialistes du contre-la-montre. En effet, la demi-étape du jeudi après-midi y est souvent décisive. L’ambiance au départ de ma 2ème épreuve sous le maillot IAM cycling était totalement différente de la Classique de l’Indre. Avec 3 coureurs capables de jouer les premiers rôles au classement général, dont le local de l’épreuve et multiple champion de France du contre-la-montre Sylvain Chavanel, l’équipe IAM Cycling faisait figure de favorite. Mais le plateau était vraiment relevé avec notamment Mark Cavendish, Thor Hushovd, Jean-Christophe Péreau ou encore Arthur Vichot. Mon rôle était clairement d’aider au maximum l’équipe. C’est donc sans autre ambition personnelle que celle d’être à la hauteur pour d’aider au mieux l’équipe que j’ai pris le départ de cette fameuse course à étape.

L’équipe présente sur le Tour du Poitou Charentes : Sylvain Chavanel, Martin Elmiger, Jérôme Pineau, Sébastien Reichenbach, Matthias Brändle, Kevyn Ista, Thomas Lövkvist et moi-même.

1ère étape :
La première étape était plutôt plate, mais un vent violent a rendu le peloton nerveux toute la journée. Les consignes au breafing étaient claires : rester proche de nos trois leaders, les protéger du vent et surtout ne pas se faire piéger. Je me suis donc attelé à cette tâche tout au long des 200 kilomètres de l’étape. La présence d’un sprint bonification après moins de 15 kilomètre a rendu le départ rapide, mais une échappée de 5 coureurs à très vite pris les devants et le peloton s’est donc calmé. Il fallait malgré tout toujours rester placé afin d’éviter tout risque de bordure. L’équipe Oméga Pharma a contrôlé la course toute la journée pour une arrivée au sprint et un succès de Mark Cavendish. A l’approche du circuit final, des routes soudainement plus dégagées ont étiré le peloton, mais sans que celui-ci ne casse vraiment. L’étape était donc promise à un sprint massif. Je n’ai malheureusement pas pu y prendre part, car j’ai été pris dans une chute à moins de 10 kilomètres de l’arrivée. L’étape a été remportée par Cavendish.

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Protéger Martin Elmiger (en rouge caché) du vent de côté

2ème étape :
Même scénario que la veille sur cette deuxième étape, mis à part une petite bosse dont le sommet placé à 6 kilomètres de l’arrivée pouvait servir de rampe de lancement pour nous afin de tenter de remporter l’étape. Nous avons donc prévu au breafing d’étirer le peloton à l’approche de cette difficulté afin de préparer une attaque de Sylvain. Malgré tous nos efforts, la bosse était en réalité un faux-plat montant et il fut donc impossible de vraiment créer de différence. Une fois mon travail effectué, je me suis relevé pour terminer tranquillement. Petite anecdote de la journée : une pause pipi qui a risqué mal tourner ! En effet peu de temps après m’être arrêté en compagnie de plusieurs autres coureurs, l’équipe Cofidis tenta un coup de bordure. Et c’est après une bataille de presque 10 kilomètre que nous avons pu enfin réintégrer le peloton.

3ème étape :
Le départ de cette 3ème étape, plus accidentée que les autres dans le final, était donné à 9h30. En effet, nous avions 2 étape à parcourir ce jeudi : 110 kilomètres en ligne le matin et 24 kilomètres de contre la montre l’après-midi. Souvent piégeuses les étapes du matin de ce genre sont bien généralement très rapides. Et celle-ci ne dérogea pas à la règle avec plus de 45km/h de moyenne. L’échappée a une nouvelle fois été parfaitement contrôlée par Omega Pharma et c’est au sprint que s’est jouée la victoire. Je termine dans le gros du peloton. Voici une vidéo postée sous la selle de Jérémy Roy où l’on me voit dans le final de cette étape (@ 2’10 ») :

4ème étape :
Loin d’être un spécialiste du chrono, je m’attendais à vivre une journée difficile. En effet, je n’étais monté qu’une seule fois sur le vélo de contre la montre avant cette épreuve. À ma grande surprise, tout se passa pour le mieux et j’ai réalisé un bon chrono… jusqu’à 5 kilomètres de l’arrivée ! Dans un virage sur la gauche, mon boyau a éclaté. Je me suis donc retrouvé une nouvelle fois au sol ! Et cette fois-ci bien râpé. Malgré tout cette journée fut une réussite, en effet Sylvain Chavanel s’est emparé du maillot de leader au terme du chrono et c’est avec pas moins de 3 représentants dans le top 10 que l’équipe se présenta au départ de la dernière étape.

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bien râpé après ma chute sur le contre la montre

5ème étape :
La dernière étape, une nouvelle fois proche des 200 kilomètres était plutôt plane dans sa partie « en ligne » avant d’arriver sur un circuit final casse-pattes a effectuer à 3 reprises. Chavanel en jaune, c’est tout logiquement que la responsabilité de contrôler la course nous incombait. Ma consigne était de rouler en compagnie de Thomas Lövkvist jusqu’à l’entrée du circuit. Il a fallu tout d’abord laisser sortir une échappée pas trop dangereuse et pas trop difficile à contrôler. Nous avons donc laissé sortir 6 coureurs dont le meilleur représentant au classement général était à plus de 4 minutes. Et pendant 150 kilomètres nous les avons gardés à 2 minutes environ. Une fois après avoir terminé mon boulot, mes autres coéquipiers on pris le relais ! Et c’est ainsi que nous avons pu remporter le Tour international Poitou Charentes !!

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au travail !

Cette semaine fut certainement une des plus extraordinaires expériences de ma carrière cycliste. Pouvoir profiter de l’encadrement de pointe de l’équipe IAM et aussi côtoyer des coureurs tel que Pineau, Chavanel, Elmiger ou Ista était vraiment génial. J’en ai vraiment profité pour emmagasiner un maximum d’expérience. Tous mes collègues étaient content du travail que j’ai pu fournir ( ITW de notre directeur sportif Eddy Seigneur http://www.directvelo.com/actualite/37039-tour-du-poitou-charentes-et-5-les-reactions.html ) et c’est avec joie que je me suis mis à la planche pour eux ! Cette semaine a été pour moi un bel exemple de ce qu’est le métier de coureur cycliste professionnel. Et le moins qu’on puisse dire est que cela m’a plu !

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porteur de bidons

Championnats suisse 8.06

Ce samedi se sont déroulés les championnats suisses espoirs à Gippingen dans le canton d’Argovie. Le parcours long de 150 km, comprenait 2 boucles. Une première de 8 km plutôt plate, à effectuer 10 fois, et une 2ème bien plus difficile empruntant la bosse du Gp Gippingen. Le début de course à été très lent. Deux coureurs se sont échappés directement mais ils ne représentaient pas de réel danger. Malgré tout, derrière eux, personne ne voulait prendre en charge la poursuite. Ce fut donc à mon équipe de rouler pour maintenir l’écart. Après quelques tours, personne n’était venu nous aider, alors j’ai demandé à l’un de mes coéquipiers ( Gianluca Ocanha) d’attaquer afin de ne plus avoir à contrôler. Une fois qu’il est sorti, le peloton a recommencé à dormir. Deux tours avant d’attaquer le circuit final, j’ai décidé d’attaquer pour relancer l’allure. Étonnement, le peloton était tellement endormi que l’on m’a laissé sortir, nous étions 5. Je suis resté très calme et j’en ai fait le moins possible car je savais très bien que ce groupe n’irait pas au bout. Dans le dernier tour du circuit initial, nous avons repris mon coéquipier qui s’est mis à la planche pour moi.

Passage au sommet de la bosse

Passage au sommet de la bosse

Malgré tous ces efforts, je me suis fait reprendre au sommet du premier des sept passages sur la bosse. J’avais calculé de me faire reprendre à cet endroit, qui n’est pas le plus dur de la bosse afin d’économiser mes forces. Dès lors, je suis resté caché dans le groupe.  Dans toutes les bosses, sous l’impulsions de Stefan Kung, le groupe perdait des unités. Je me sentais vraiment bien mais j’évitais de le montrer et d’en faire trop. Finalement nous nous sommes retrouver à 4 devant avant d’attaquer le dernier grand prix de la montagne (Pellaud, Küng, Chavanne, Stüssi). Comme je me sentais encore très frais, j’ai décidé d’attaquer sur la partie la plus pentue de la bosse peu avant le sommet. J’ai réussi à sortir seul, personne n’a pu m’accompagner et j’ai parcouru en solitaire les 8 derniers km pour rallier l’arrivée. Mon coéquipier Colin Stüssi est venu parachever la belle performance de l’équipe en prenant la 2ème place. Bravo à lui, et surtout un grand merci à l’équipe qui a travaillé dès les premiers kilomètres du parcours et qui m’a surtout fait confiance !

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Photo: Werner Jacobs – radsport.ch

Cette victoire est la plus belle de ma carrière jusqu’à présent. C’est une réelle satisfaction après un début de saison compliqué, perturbé par la maladie et la mauvaise fortune. Depuis que j’ai réussi à me débarrasser de ma maladie, début mai, je ne pensais plus qu’à ce championnat. Jamais encore je n’avais préparé ainsi un objectif, cette course me prenait tellement la tête que déjà deux semaines avant la compétition j’avais parfois de la peine à m’endormir tellement j’y pensais. De plus, les bons résultats des derniers weekends m’ont aussi mis en confiance. Malgré toute cette pression que je me suis mise et l’envie de bien faire, j’ai réussi à rester calme et à ne pas trop en faire le jour J. C’est un immense pas en avant  pour moi qui ai souvent l’habitude de trop en faire durant les courses.

Podium du championnat suisse

Podium du championnat suisse

Mon programme pour ces prochaines semaines sera chargé. Je vais courir l’OberÖsterreich Rundfahrt en Autriche du 14 au 16 juin. Puis je participerai au championnat suisse de chrono espoir le mercredi 19 ainsi qu’au championnat suisse élite sur route le 23 juin. J’espère pouvoir profiter encore de ma bonne forme du moment et ainsi continuer ma série de bons résultats.