Tour de Yorkshire 1-2-3 mai

Pour mon retour à la compétition après 5 semaines « d’inactivité », j’ai eu la chance de participer à la 1ère édition du Tour de Yorkshire. Un très nombreux public était attendu tout au long des 3 jours de course au profil très accidenté!

1ère étape :

Un temps froid et venteux nous a accompagné tout au long des 174km de l’étape. Le profil reçu dans le road book était pour le moins trompeur, il aurait pu laisser présager un sprint d’une soixantaine de coureurs, mais il n’en fut rien! En effet, les routes du nord-est de l’Angleterre réserve bien des surprises! La répétition de difficultés non répertoriée eu tôt fait de faire exploser le peloton. Les bonnes sensations de ces derniers jours à l’entraînement se sont confirmées aujourd’hui. Les jambes tournaient plutôt bien malgré les forts pourcentages du jour! J’ai pu « faire la course » jusqu’à environ 20km de l’arrivée où 10 coureurs (Voeckler, Nordhaug, Sanchez…) sont sortis et ne seront plus revus. Pas représentés à l’avant, nous avons dû rouler pour relier l’arrivée, dans ce qu’il en restait du peloton.

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à l’attaque dans le final de la 1ère étape

2ème étape :

Après les abandons de deux des coureurs les plus rapides du peloton (Marcel Kittel et Ben Swift) à l’issue de la première étape, notre sprinter Matteo Pelucchi faisait figure de grand favori pour cette étape promise à un sprint massif dans les rues de York. C’est donc tout naturellement que le contrôle de la course nous revint. Tout ne se passa malheureusement pas comme prévu en début de course et 8 coureurs ont réussi à prendre plus de 7 minutes (alors que nous avions prévu de ne pas laisser sortir plus de 4 coureurs et de les contenir à 3-4 minutes). La poursuite fut donc plus compliquée et couteuse en énergie que prévu. J’ai travaillé en tête de peloton jusqu’à 10 kilomètres de l’arrivée. L’échappée a finalement été reprise à moins de deux kilomètres de l’arrivée !! Matteo Pelucchi a pris la 2ème place de l’emballage final battu sur la ligne par Moreno Hofland. Il est certain que Matteo aurait pu espérer à mieux si Vicente Reynes avait pu l’épauler dans les dernier kilomètres au lieu d’avoir eu à se sacrifier plus tôt dans l’étape afin de reprendre l’échappée. Le contrôle d’une échappée commence en effet dès les premiers kilomètres de course et nous en avons fait l’expérience aujourd’hui!

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Quel monde tout au long des routes du Yorkshire !!

3ème étape :

La dernière étape « Queen Stage » de ce tour du Yorkshire était longue de 164km, pour plus de 3000m de dénivelé positif! Le Team Sky contrôla la course tout au long de la journée afin de protéger le maillot azur de Lars Peter Nordhaug. Chez IAM la consigne était claire : « minimum un mec dans l’échappée » car si la victoire se dispute entre costaud, il serait très dure d’espérer faire un résultat. Mon camarade de chambre norvégien Sondre Holst Enger parvint à se glisser dans la matinale. J’ai donc ensuite tâché de rester placé au mieux à l’avant du peloton sur ces routes tortueuses pour économiser un maximum d’énergie afin de tenter d’accompagner les meilleurs le plus longtemps possible. J’ai pu conserver ma place dans le premier groupe jusqu’ à l’avant dernière difficulté du jour où l’équipe BMC de Samuel Sanchez fit exploser ce qu’il restait du peloton.

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En action dans l’une des principales difficultés de la journée

Ce Tour de Yorkshire fut certainement une des plus belles expériences de ma carrière cycliste. En effet, le parcours traversait des paysages fabuleux et surtout : je n’ai jamais vu autant de monde au bord de la route!! Je pense que seul le Tour de France peut faire mieux en la matière! Il est vraiment incroyablement motivant d’avoir à se frayer un chemin parmi la foule! Pour la suite de mon programme, je vais courir le Berner Rundfahrt avec l’équipe nationale samedi 9 mai, avant de me préparer pour le Tour de Belgique qui se déroulera à la fin du mois.

Weekend Belge 01.03/04.03

Pour mes premières courses professionnelles en Belgique, j’ai eu la chance de participer à deux épreuves : Kuurne-Bruxelles-Kuurne et le Gp Samyn. Ces deux semi-classiques sont l’endroit idéal pour acquérir de l’expérience et me faire au « paysage » belge. L’atmosphère de ces courses me fascine littéralement: le public passionné massé autour des bus d’équipes, la tension dans le peloton à l’approche du départ et des premières difficultés, tout le savoir faire des coureurs expérimentés placés aux avants-postes aux endroits clés, mais aussi, et surtout l’empreinte mythique des routes sur lesquelles des générations et des générations de coureurs cyclistes se sont « affrontés ». C’est toutes ces choses qui me font apprécier ces courses si spéciales et si courtisées ! (Petite vidéo d’un de mes entraînements sur les mythiques monts des Flandres : Une journée en Flandres)
Malheureusement, tout ne s’est pas vraiment déroulé comme je l’avais espéré. En effet, même si je partais dans l’inconnu, je m’étais fixé ces deux épreuves comme premiers objectifs de ma saison. En voici un court résumé !

Kuurne-Bruxelles-Kuurne 01.03 :

Cette semi-classique se termine souvent par un sprint massif, malgré l’enchaînement de plusieurs monts célèbres (Kruisberg, Côte du Trieu et Oude Kwaremont). Pour ma première participation à Kuurne, le vent violent qui soufflait sur la ligne de départ m’a rendu quelque peu nerveux. Interview :

Une fois parti, j’ai tenté à plusieurs reprise de prendre part à l’échappée matinale, mais un groupe de 6-7 coureurs s’en est allé sans moi. Il m’a donc ensuite fallu me concentrer sur le placement à l’avant du peloton ainsi qu’à rester le plus proche possible de mes coéquipiers. Le peloton se scinda en deux dans la côte du Trieu et j’ai œuvré une première fois au retour de Matteo Pelucchi en tête de la course. Nous avons pu faire la jonction, mais malheureusement trop proche du pied du vieux Kwaremont (principale difficulté pavée du jour) où le peloton explosa à nouveau. Je me suis donc remis à la tâche avec Martin Elmiger afin de rentrer sur la tête de la course. Une fois rentré, j’ai été légèrement détaché dans une nouvelle difficulté où j’ai été victime d’une crevaison. Les commissaires avaient organisé un barrage pour les voitures de directeur sportifs, et il m’a donc fallu attendre plus d’une minute avant d’être dépanné et ensuite, impossible de rentrer dans le peloton. Malgré tout, la 10ème place de Pelucchi dans le sprint final m’a tout de même apporté une petite satisfaction du travail accompli.

Gp Samyn 04.03 :

Dans l’enchaînement de Kuurne, nous avons participé au Gp Samyn, épreuve d’ouverture en Wallonie. Le parcours a complètement été revisité cette saison avec un circuit final très exposé au vent de côté et comprenant 3 « mauvais » secteurs pavés. L’équipe a participé à cette épreuve avec un effectif quelque peu amoindri. Cette situation laissait plus de liberté aux coureurs présents, même s’il était clair que notre leader du jour serait le belge Jonas Van Genechten. C’était donc une occasion favorable pour me tester, et pour tenter de courir « pour un résultat » une première fois de la saison.

Gp Samyn 2015

Gp Samyn 2015

Malgré quelques petites alertes à la bordure lors des 100 premiers kilomètres en ligne, la course fut plutôt calme jusqu’au circuit final. Bien placé à l’avant de la course lors du deuxième tour de circuit, j’ai été victime d’une chute massive dans un virage sur pavé mouillé! Le temps que je me relève et que mon mécano remette mon vélo en état de marche, le peloton était parti sans moi. Et malgré l’abri de la voiture, il m’a été impossible de réintégrer le peloton. C’est donc avec une pointe d’amertume que j’ai dû abandonner ma deuxième épreuve du weekend.

Le bilan de ma semaine belge est donc un échec en terme de résultat, mais une belle réussite en terme d’expérience. Il m’est apparu comme une évidence que j’allais, à l’avenir, me concentrer sur ce genre d’épreuve! Pour la suite du programme, je vais profiter des deux prochaines semaines pour passer du temps à la maison, avec ma famille et mes amis, tout en me préparant au mieux pour ma première épreuve World Tour : le Tour de Catalogne (du 23 au 29 mars).

À très bientôt

Simon

Championnat du Monde U23

Ponferra, ville située au nord ouest de l’Espagne, entre St Jacques de Compostel et Madrid était cette semaine le théatre des championnats du monde de cyclisme sur route et contre-la-montre. Après la médaille de bronze de Stefan Küng dans sur le chrono, l’équipe Suisse espoir forte de 6 représentants (Stefan Küng, Thery Shir, Fabian Lienhard, Lukas Spengler, Tom Bohli et moi-même) faisait figure d’outsider. Le circuit de ce championnat ressemblait plus ou moins à celui de l’année dernière à Florence. 10 répétitions d’un circuit de 18.2km comprenant 2 difficultés, une de 4 kilomètres à 5% de pente moyenne et une autre moins longue mais plus raide.

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Au sein du peloton du Championnat du monde de Ponferrada

Je me suis élancé sur ce parcours qui me convenait plutôt bien, avec une grande motivation et surtout l’envie de « terminer ma carrière d’espoir » de la meilleure des manières.

Les premiers tours de circuit s’annonçaient particulièrement nerveux et dangereux. Il était donc capital de rester le mieux placé possible en tête de peloton afin d’éviter les chutes ou autres pièges. Tout se passa bien pour moi pendant cette épreuve, bien en jambes et très concentré, j’ai pu aborder les derniers tours avec le maximum de fraîcheur physique. En effet, il est vite devenu clair que la décision n’allait pas intervenir avant la dernière répétition du circuit. Nous nous sommes présentés à environ 60 à l’entame du dernier tour. Après une courte discussion avec mes coéquipiers nous nous sommes dit que la meilleure chance pour l’équipe de faire un résultat était Fabian Lienhard et que si l’occasion se présentait, il faudrait tenter de l’aider. Finalement à l’entame de la dernière bosse, je me suis retrouvé en 4ème position et poussé par la motivation de ne pas avoir de regrets, j’ai décidé de tenter ma chance et d’attaquer. Ce fut finalement une petite erreur de ma part de partir si tôt car à mi-bosse, les forces commencèrent à me manquer et j’ai été repris avant d’être légèrement distancé par le groupe des favoris. C’est dommage car sur le contre c’est le norvégien Bystrom qui s’échappe pour aller remporter le titre ! Je prends pour ma part la 43ème place. Bravo à Fabian qui termine 12ème.

Ainsi se terminent mes 4 années dans la catégorie espoir U23 ! Malgré la déception de ne pas terminer dans le premier groupe, je peux tout de même me montrer satisfait de ma course et profiter pleinement de la coupure annuelle ainsi que de mon voyage du côté de l’Australie !

Gp d’Isbergues

J’ai eu la chance de participer dimanche 22.09 au GP d’Isbergues, manche de coupe de France professionnelle courue dans le Pas-de-Calais. Tout d’abord remplaçant, j’ai finalement été appelé pour venir participer à cette épreuve pour « sprinteurs », très souvent indécise à cause du fort vent qui souffle dans cette région découverte. Pas moins de 200 kilomètres étaient donc au programme ce weekend. Le parcours, plutôt plat dans sa partie initiale était ensuite un peu plus vallonné dans sa partie médiane avant de se terminer par 5 répétitions d’un circuit urbain long de 6 kilomètres. Les conditions météo étaient vraiment difficiles le matin à notre départ de l’hôtel : pluie et vent violent promettaient une course  des plus nerveuses ! Par chance, la pluie cessa, mais le vent s’intensifia encore à l’approche du départ.

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À la planche pour Heinrich Haussler

Ma consigne était de me glisser dans l’échappée matinale si plus de 4-5 coureurs parvenaient à prendre le large. Malheureusement, malgré plusieurs tentatives, un groupe de 8 coureurs parvint à s’échapper sans que personne de chez nous ne puisse les accompagner. Avec ce vent, la nervosité était à son comble. Plusieurs tentatives de bordures (notamment de l’équipe BMC), donnèrent du fil à retordre aux coureurs du peloton et plus particulièrement à l’équipe FDJ qui contrôla tout de même la course tout au long de la journée. J’ai fais de mon mieux pour rester placé à l’avant du peloton et protéger mes leaders du vent. Peu avant de rentrer sur le circuit final, mon capitaine de route Vicente Reynes me demanda d’aller aider l’équipe de la Française des Jeux afin de reprendre au plus vite l’échappée. je me suis donc mis au travail pendant environ 25 kilomètres en compagnie notamment de Pirmin Lang, et une fois le groupe de tête repris à l’entame du dernier tour, je me suis écarté et fini tranquillement à 3 minutes environ du groupe principal. Heinrich Haussler a bien conclu le travail de l’équipe en prenant la 3ème place au sprint, derrière Arnaud Demare et Yauheni Hutarovich ! 

Voici une vidéo du final où l’on voit bien le travail effectué pour reprendre l’échappée :

Le Grand Prix d’Isbergues était ma dernière course avant le Championnat du Monde de vendredi. Je suis vraiment satisfait de son déroulement. En effet, j’en ai profité afin peaufiner au mieux ma forme pour cette dernière échéance de ma saison 2014. Je vais rejoindre Ponferrada mardi dans la journée. Mon objectif sur ce championnat sera de vraiment faire mieux que l’an dernier à Florence où j’ai subi la course de bout en bout. Avec mes collègues de l’équipe nationale, nous abordons cette épreuve dans un état d’esprit positif et le Team Spirit mis en place depuis le début de la saison ne pourra que nous aider à porter haut les couleurs de Swiss Cycling.

Tour du Poitou Charentes (2.1)

Le tour du Poitou Charentes est une épreuve par étape longue de 4 jours et 5 étapes. Le classement général est généralement dominé par des spécialistes du contre-la-montre. En effet, la demi-étape du jeudi après-midi y est souvent décisive. L’ambiance au départ de ma 2ème épreuve sous le maillot IAM cycling était totalement différente de la Classique de l’Indre. Avec 3 coureurs capables de jouer les premiers rôles au classement général, dont le local de l’épreuve et multiple champion de France du contre-la-montre Sylvain Chavanel, l’équipe IAM Cycling faisait figure de favorite. Mais le plateau était vraiment relevé avec notamment Mark Cavendish, Thor Hushovd, Jean-Christophe Péreau ou encore Arthur Vichot. Mon rôle était clairement d’aider au maximum l’équipe. C’est donc sans autre ambition personnelle que celle d’être à la hauteur pour d’aider au mieux l’équipe que j’ai pris le départ de cette fameuse course à étape.

L’équipe présente sur le Tour du Poitou Charentes : Sylvain Chavanel, Martin Elmiger, Jérôme Pineau, Sébastien Reichenbach, Matthias Brändle, Kevyn Ista, Thomas Lövkvist et moi-même.

1ère étape :
La première étape était plutôt plate, mais un vent violent a rendu le peloton nerveux toute la journée. Les consignes au breafing étaient claires : rester proche de nos trois leaders, les protéger du vent et surtout ne pas se faire piéger. Je me suis donc attelé à cette tâche tout au long des 200 kilomètres de l’étape. La présence d’un sprint bonification après moins de 15 kilomètre a rendu le départ rapide, mais une échappée de 5 coureurs à très vite pris les devants et le peloton s’est donc calmé. Il fallait malgré tout toujours rester placé afin d’éviter tout risque de bordure. L’équipe Oméga Pharma a contrôlé la course toute la journée pour une arrivée au sprint et un succès de Mark Cavendish. A l’approche du circuit final, des routes soudainement plus dégagées ont étiré le peloton, mais sans que celui-ci ne casse vraiment. L’étape était donc promise à un sprint massif. Je n’ai malheureusement pas pu y prendre part, car j’ai été pris dans une chute à moins de 10 kilomètres de l’arrivée. L’étape a été remportée par Cavendish.

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Protéger Martin Elmiger (en rouge caché) du vent de côté

2ème étape :
Même scénario que la veille sur cette deuxième étape, mis à part une petite bosse dont le sommet placé à 6 kilomètres de l’arrivée pouvait servir de rampe de lancement pour nous afin de tenter de remporter l’étape. Nous avons donc prévu au breafing d’étirer le peloton à l’approche de cette difficulté afin de préparer une attaque de Sylvain. Malgré tous nos efforts, la bosse était en réalité un faux-plat montant et il fut donc impossible de vraiment créer de différence. Une fois mon travail effectué, je me suis relevé pour terminer tranquillement. Petite anecdote de la journée : une pause pipi qui a risqué mal tourner ! En effet peu de temps après m’être arrêté en compagnie de plusieurs autres coureurs, l’équipe Cofidis tenta un coup de bordure. Et c’est après une bataille de presque 10 kilomètre que nous avons pu enfin réintégrer le peloton.

3ème étape :
Le départ de cette 3ème étape, plus accidentée que les autres dans le final, était donné à 9h30. En effet, nous avions 2 étape à parcourir ce jeudi : 110 kilomètres en ligne le matin et 24 kilomètres de contre la montre l’après-midi. Souvent piégeuses les étapes du matin de ce genre sont bien généralement très rapides. Et celle-ci ne dérogea pas à la règle avec plus de 45km/h de moyenne. L’échappée a une nouvelle fois été parfaitement contrôlée par Omega Pharma et c’est au sprint que s’est jouée la victoire. Je termine dans le gros du peloton. Voici une vidéo postée sous la selle de Jérémy Roy où l’on me voit dans le final de cette étape (@ 2’10 ») :

4ème étape :
Loin d’être un spécialiste du chrono, je m’attendais à vivre une journée difficile. En effet, je n’étais monté qu’une seule fois sur le vélo de contre la montre avant cette épreuve. À ma grande surprise, tout se passa pour le mieux et j’ai réalisé un bon chrono… jusqu’à 5 kilomètres de l’arrivée ! Dans un virage sur la gauche, mon boyau a éclaté. Je me suis donc retrouvé une nouvelle fois au sol ! Et cette fois-ci bien râpé. Malgré tout cette journée fut une réussite, en effet Sylvain Chavanel s’est emparé du maillot de leader au terme du chrono et c’est avec pas moins de 3 représentants dans le top 10 que l’équipe se présenta au départ de la dernière étape.

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bien râpé après ma chute sur le contre la montre

5ème étape :
La dernière étape, une nouvelle fois proche des 200 kilomètres était plutôt plane dans sa partie « en ligne » avant d’arriver sur un circuit final casse-pattes a effectuer à 3 reprises. Chavanel en jaune, c’est tout logiquement que la responsabilité de contrôler la course nous incombait. Ma consigne était de rouler en compagnie de Thomas Lövkvist jusqu’à l’entrée du circuit. Il a fallu tout d’abord laisser sortir une échappée pas trop dangereuse et pas trop difficile à contrôler. Nous avons donc laissé sortir 6 coureurs dont le meilleur représentant au classement général était à plus de 4 minutes. Et pendant 150 kilomètres nous les avons gardés à 2 minutes environ. Une fois après avoir terminé mon boulot, mes autres coéquipiers on pris le relais ! Et c’est ainsi que nous avons pu remporter le Tour international Poitou Charentes !!

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au travail !

Cette semaine fut certainement une des plus extraordinaires expériences de ma carrière cycliste. Pouvoir profiter de l’encadrement de pointe de l’équipe IAM et aussi côtoyer des coureurs tel que Pineau, Chavanel, Elmiger ou Ista était vraiment génial. J’en ai vraiment profité pour emmagasiner un maximum d’expérience. Tous mes collègues étaient content du travail que j’ai pu fournir ( ITW de notre directeur sportif Eddy Seigneur http://www.directvelo.com/actualite/37039-tour-du-poitou-charentes-et-5-les-reactions.html ) et c’est avec joie que je me suis mis à la planche pour eux ! Cette semaine a été pour moi un bel exemple de ce qu’est le métier de coureur cycliste professionnel. Et le moins qu’on puisse dire est que cela m’a plu !

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porteur de bidons

Championnat Suisse U23

C’est ce samedi 2 août que je remettais en jeu le titre de champion suisse u23 que j’avais remporté l’an dernier. Le parcours, complètement différent de celui de l’année dernière, ne comportait pas de réelle difficulté mais était très usant. La course promettait donc d’être très animée, la décision pouvant se faire dans n’importe laquelle de ces petites bosses présente sur ce circuit de Kriegstetten (21.3 kilomètres à effectuer 8 fois).

Placé en première ligne au départ, j’ai tout de suite tenté d’instaurer un climat d’offensive en partant directement très fort. Chose réussie puisque après environ 10 kilomètres, j’ai pu accompagner un groupe de quinze coureurs à l’avant de la course. La collaboration était bonne et nous avons vite pris une avance confortable. Toutes les équipes étant représentées à l’avant, il est vite devenu clair que nous ne serions plus revus par le peloton. À partir de ce moment, j’ai tenté de m’économiser un maximum, tout en passant correctement mes relais, afin de conserver un maximum d’énergie pour le final. Notre groupe perdait élément après élément. Et c’est à 5 seulement que nous avons entamé le dernier tour de 21.3 kilomètres.

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Petite discussion d’avant course entre les coureurs romands

L’équipe EKZ était à ce moment en surnombre avec 2 représentants. Ils ont donc tenté à plusieurs reprises de dynamiter le groupe, mais sans succès. Pour ma part, sentant les crampes arriver, je me contentais de suivre en espérant un final avec le minimum de coureurs possible. Mais j’ai finalement été victime de la dernière difficulté du jour où j’ai été victime de crampes violentes ! Il ne m’a donc pas été possible de suivre Lienhard, Spengler et Müller et j’ai donc abandonné mes espoirs de doublé. Je termine à la 4ème place.

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4ème place sur le championnat suisse U23

Ce résultat est loin de me satisfaire. Mais je peux malgré tout me montrer heureux de terminer à l’avant sur cette épreuve et d’avoir lutté pour le titre jusque dans les 5 derniers kilomètres. Je n’ai pas de réelle explication quant aux crampes. La faible quantité de longues sorties effectuées à l’entraînement ces dernières semaines en est peut-être une. En effet depuis les championnat d’Europe de Nyon, l’accent était clairement mis sur la récupération afin de retrouver de la fraîcheur pour la dernière partie de la saison.

La suite du programme est un camps d’entraînement en altitude avec l’équipe nationale à St Moritz. Pendant ce stage de 10 jours, j’aurai l’occasion d’accumuler les longues sorties d’endurance, puis quelques intensités.

Gp Vorarlberg/Circuito del Porto

2 courses étaient à mon programme cette semaine, le Gp Vorarlberg en Autriche jeudi et le Circuito del Porto course UCI 1.2 à Cremona en Italie dimanche. Ces deux épreuves au profil complètement plat étaient pour moi l’occasion de reprendre la compétition après une petite semaine de coupure. Toutes les deux étaient vouées à se terminer par un sprint massif. Ces arrivées ne sont pas vraiment ma spécialité, car il faut réussir à prendre des risques et à jouer des coudes dans le final. J’avais donc décidé de les prendre comme préparation, pour refaire du rythme avant mon prochain objectif, le Berner Rundfahrt qui se déroulera samedi 10 mai.

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En Autriche, une échappée de 11 coureurs a vite pris le large. Victime d’une crevaison quelques minutes avant que l’échappée sorte, je n’ai pas pu essayer de m’y glisser et suis donc resté dans le peloton. Sous l’impulsion de l’équipe continentale Vorarlberg, le groupe a été repris à 5 kilomètres de l’arrivée et la victoire se décida donc comme prévu au sprint massif. Je termine à la 19ème après avoir été enfermé aux 500m. Je n’ai ensuite pas pu trouver l’ouverture pour remonter et termine en « roue libre ».

Circuito del Porto

Peloton très étiré lors du dernier tour

Plus de 200 coureurs étaient présents dimanche 4 mai au départ du Circuito del Porto. 12 tours de 15 kilomètres complètement plats étaient au programme de cette épreuve classée 1.2 au calendrier Europe Tour. Il nous a fallu 3h40 seulement pour boucler les 180 kilomètres prévu ce jour, ce qui représente une moyenne de presque 49 km/h. Le peloton était très nerveux et il n’y a jamais eu de relâchement. Toutes les tentatives d’échappées ont été contrôlées par les équipes de sprinter et c’est tout naturellement que la victoire s’est jouée groupée au terme de la dernière ligne droite longue d’un kilomètre. J’ai tenté de prendre part à l’emballage final, mais malgré de très bonnes sensations tout au long du parcours, je ne suis pas parvenu à être assez agressif et à prendre assez de risques pour vraiment obtenir un résultat. Je termine à la 25ème place.

Voici la vidéo de l’arrivée du Circuito del Porto !

Liège Bastogne Liège U23

Il aura fallu attendre m’a dernière année dans la catégorie des mois de vingt trois ans pour participer à cette belle course du calendrier espoir. Longue de plus de 180 kilomètres, cette épreuve emprunte les mêmes difficultés (Côte du Rosier, la Redoute, St Nicolas, Côte d’Ans,…) que la Doyenne. Chez les professionnels, cette compétition est plutôt dominée par des grimpeurs/puncheurs. J’avais un peu d’appréhension que les difficultés soient un peu trop longues à mon goût. Mais à la vue des résultats de ces dernières années, je me suis dit qu’il me serait possible de m’accrocher dans les difficultés les plus longues et pourquoi pas de tenter quelque chose sur une portion plus favorable.

Le début de course fut plutôt tranquille. Un groupe de cinq coureur s’est échappé dès les premiers kilomètres et les grosses équipes (BMC, Etixx,..) ont contrôlé la course. La course s’accélérant progressivement, une sélection par l’arrière se mit gentiment en place. Après la côte du Rosier nous n’étions plus que huitante environ dans le peloton (sur les 200 coureurs présents au départ). Mes sensations étaient bonnes et les jambes tournaient bien. J’attendais impatiemment l’arrivée de la mythique côte de la Redoute située après 140 kilomètres où le peloton allait certainement exploser !

L’entrée dans cette côte s’est fait après une descente extrêmement rapide et la nervosité était à son comble dans le peloton. J’ai eu de la peine à me replacer et cette erreur impardonnable me fut fatale. Comme prévu, le peloton s’est fractionné sous l’impulsion des coureurs BMC et je me suis retrouvé malgré mes bonnes jambes dans un deuxième groupe. La collaboration dans ce groupe n’était pas optimale et il nous fut impossible de  revenir. Malgré tout, j’ai décidé de continuer mon effort et j’ai effectué en solitaires les derniers 20 kilomètres de courses. Je termine à la 56ème place, comme premier des « battus ». Ce résultat me déçoit vraiment, j’ai payé cash le fait de ne pas avoir repéré le parcours. Je regrette aussi la faiblesse de mon équipe. En effet, nous n’étions plus que deux coureurs présents dans le peloton au pied de la Redoute et il a été impossible de nous retrouver pour nous replacer ensemble.
Mais ce n’est que partie remise et une nouvelle opportunité de profiter de ma forme du moment s’offre à moi lundi avec le Giro del Belvedere dans la région de Vérone. À condition bien sûr que je puisse récupérer des efforts consentis et surtout des incessants voyages de ces derniers jours !

Côte Picarde 16.04

3 jours après le Tour des Flandres s’est déroulée la deuxième manche de coupe des nations U23 : la Côte Picarde. Ayant déjà participé à cette course l’année dernière, je l’avais placée parmi mes principaux objectifs de la saison (voir ici). Premièrement car la coupe des nations est la meilleure vitrine dont un coureur espoir dispose pour se montrer à son avantage, mais aussi et surtout car le parcours proposé ici en Picardie me convient à ravir. Longue de 180 km, cette course se termine par un circuit final accidenté (comprenant 2 difficultés de 1.5 km environ) et exposé au vent à effectuer à deux reprises.

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Le peloton de la Côte Picarde

Le début de course était propice aux bordure et fut rapide. Mais aucune des tentatives (allemandes, belges et hollandaises) à faire exploser le peloton ne furent réellement efficaces. Une échappée de cinq coureurs parvint à prendre le large. Ils comptèrent jusqu’à huit minutes d’avance, mais grâce au travail des équipes de Norvège et du Danemark, nous les avons repris à l’entame de la boucle finale.

Montée finale

Afin d’économiser un maximum d’énergie et de minimiser le risque de chute, il était vraiment capital de débuter les difficultés finales dans les premières positions du peloton. Ce fut chose faite grâce à l’aide de mon coéquipier Lukas Spengler qui a vraiment effectué un super travail pour me replacer! Au vue du scénario présenté les années précédentes sur cette course, j’avais décidé de rester le plus calme possible et de ne rien tenter avant la dernière difficulté de la journée. Je suis donc resté à l’avant du peloton en tachant de m’économiser un maximum jusqu’à 15 kilomètres de l’arrivée. C’est à ce moment que le Belge Jens Wallays décida d’attaquer. Étant parfaitement placé à ce moment, j’ai sauté dans sa roue. Nous sommes sortis en compagnie d’un coureur kazakh. Six coureurs nous ont rejoints dans le dernier GPM. Nous étions donc 9 à l’avant à 10 kilomètres de l’arrivée. Notre avance n’a jamais dépassé les 15 secondes, mais l’entente dans le groupe était bonne et nous a permis de nous disputer la victoire !!

Le Belge Jens Wallays attaqua à 1.5 kilomètres de l’arrivée. Il parvint à nous piéger. Personne n’a voulu faire l’effort pour boucher le trou de peur de le payer lors de l’emballage final. La victoire était donc jouée. Mais il restait les deux dernières places du podium à nous disputer au sprint. A ce petit jeu là c’est le pistard français Thomas Boudat qui s’est montré le plus rapide, devançant de peu le danois Søren Kragh Andersen. Je prends pour ma part la 3ème place du sprint et donc la 4ème place finale. Bien placé en 2ème position au moment de lancer le sprint, il m’a été impossible de déborder mes deux adversaires du moment.

Arrivée de la Côte Picarde 2014

Arrivée de la Côte Picarde 2014

Je suis très satisfait de ce résultat. Il me reste seulement une pointe d’amertume de ne pas avoir osé tenter ma chance comme l’a fait le coureur belge. Mais c’est déjà une très grande satisfaction de pouvoir peser à ce point sur une course comme celle-ci et surtout de pouvoir arriver en excellente condition sur un objectif que je m’étais fixé de longue date. De plus les résultats obtenus lors de ces deux dernières épreuves permettent à l’équipe nationale de figurer à la 3ème place derrière la Belgique et la Hollande (voir le classement ici) ! Les points récoltés nous assurent aussi une place au prochain tour de l’Avenir.
Je tiens à remercier tous mes collègues Lukas Spengler, Thery Schir, Maxime Froidevaux, Gianluca Ocanha et Lars Schnyder pour leur aide et leur confiance ! La belle perfomance de l’équipe est complétée par la belle 18ème place de mon camarade de chambre Théry Schir !

Classements : http://www.directvelo.com/actualite/33181-la-cote-picarde-classement.html

Tour des Flandres U23 12.04

 

 

 

Première manche de coupe des Nations espoir, le Tour des Flandres s’est déroulé hier à Oudenaarde. Disputée par équipes nationales, cette classique longue de 165 kilomètres est très particulière car elle est jonchée de nombreux monts et secteurs pavés dont voici le détail :

 

11 km – Zone de pavés: Varentstraat (2000 m)
20 km – Côte 1: Kluisberg (925 m – Gem. 6,8% – Max. 14,5%)
28 km – Côte 2: Knokteberg (1100 m – Gem. 8% – Max. 13%)
38 km – Côte 3: Muziekbos (600 m – Gem. 6,6% – Max. 8%)
46 km – Côte 4: Pottelberg (1300 m – Gem. 6,5% – Max. 7,5%)
64 km – Côte 5: Guilleminlaan (2600 m)
88 km – Côte 6: Valkenberg (540 m – Gem. 8,1% – Max. 12,8%)
96 km – Côte 7: ‘t Hostellerie (1275 m – Gem 5,1% – Max 9%)
105 km – Côte 8: Molenberg (463 m, 300 m pavés) – Gem. 7% – Max. 14.2%)
107 km – Zone de pavés: Kerkgate (3000 m)
114 km – Zone de pavés: Kattenberg (1200 m)
126 km – Côte 9: Steenbeekdries (700 m pavés) – Gem. 5,3% – Max. 6,7%)
129 km – Côte 10: Taaienberg (530 m, 500 m pavés) – Gem. 6,6% – Max. 15,8%)
133 km – Côte 11: Eikenberg (1200 m pavés) – Gem. 6,2% – Max. 10%)
137 km – Zone de pavés: Kattenberg (1200 m)
149 km – Côte 12: Steenbeekdries (700 m (pavés) – Gem. 5,3% – Max. 6,7%)
152 km – Côte 13: Taaienberg (530 m, 500 m pavés) – Gem. 6,6% – Max. 15,8%)
156 km – Côte 14: Eikenberg (1200 m pavés) – Gem. 6,2% – Max. 10%)
160 km – Zone de pavés: Kattenberg (1200 m)

L’enchaînement de ces difficultés et les routes étroites qui rendent le positionnement au sein du peloton capital ont rendu la course et les coureurs très nerveux. Les chutes ont été très nombreuses tout au long du parcours (sur 6 coureurs de mon équipe, 3 ont chuté lourdement !).

120414/ Ronde Van Vlaanderen/ Beloften/

La chute de Stefan Küng lors de l’emballage final !

 

L’équipe Suisse avait fière allure sur le papier avant ce Ronde 2014, les 6 coureurs présents étaient compétitifs et motivés. Grâce à la présence de Stefan Küng et Gabriel Chavanne, nous possédions 2 coureurs d’expérience capables de jouer la gagne.

120414/ Ronde Van Vlaanderen/ Beloften/

Tom Bohli, Simon Pellaud, Lars Schnyder, Thery Schir, Stefan Küng et Gabriel Chavanne

Le départ fut comme souvent tendu et rapide jusqu’à ce que l’échappée matinale prenne le large. Une fois cette échappée de cinq coureur parti, le peloton calma son allure et ce jusqu’à l’approche du Molenberg, premier mont pavé de la journée qui précède l’entrée sur le circuit final. C’est en effet à partir de ce moment que la course se décanta, car ce circuit est très difficile et redouté. Malgré les bonnes sensations, j’ai été victime de mon mauvais placement lors du premier enchaînement des monts pavés sur le circuit. Quelque peu distancé par le gros du peloton j’ai réussi à garder mon calme et à l’entame du dernier tour, le groupe dans lequel je me trouvais à pu réintégrer la tête de course.

120414/ Ronde Van Vlaanderen/ Beloften/A partir de ce moment-là, ayant bien compris mon erreur je n’ai plus quitté les dix premières positions du groupe. Bien m’en à pris car après le dernier enchaînement Taaienberg/Eikenberg le peloton se scinda en plusieurs morceaux et une vingtaine de coureurs dont Stefan Küng et moi avons pu prendre le large.
À quatre kilomètres de la ligne d’arrivée, le 2ème groupe était pointé à dix secondes seulement. Après une courte discussion avec mon coéquipier, qui tenait à faire le sprint, j’ai décider de me sacrifier pour lui et de rouler afin d’empêcher le retour du groupe qui était lancé à notre poursuite. Après avoir donné tout ce qu’il me restait pendant 3 kilomètres, je me suis écarté sous la flamme rouge. Malheureusement tout ne se passa ensuite pas comme prévu. Une grosse chute vint entacher le sprint final et empêcha Stefan d’obtenir un résultat. Je parvins pour ma part à l’éviter de justesse et je termine à la 11ème place.

Résultats : http://www.procyclingstats.com/race/Ronde_van_Vlaanderen_Beloften_2014

Au final, je me montre très satisfait de cette course. Elle faisait partie des objectifs que j’avais annoncés dès le début de saison. J’ai pris beaucoup de plaisir à pouvoir lutter contre les meilleurs coureurs espoirs du moment. J’espère maintenant pouvoir profiter de cette bonne dynamique sur compétitions à venir !

*Photos : Marc Van Hecke