Brindisi => Firenze

Voilà déjà quelques années que l’envie de voyager à vélo me démangeait. L’annulation de dernière minute du voyage pour la Vuelta Guatemala m’a laissé un beau 1o jours de libres pour tenter l’aventure!! C’est avec Yves Mercier, mon ex-collègue chez Maca Loca et ami jurassien que nous avons pris l’avion pour Brindisi, dans les Pouilles au sud de l’Italie. Au programme environ 1500km de vélo parsemés de belles montagnes et paysages magnifiques pour remonter la botte direction Firenze.

23227181_10215136428503323_787726285_nItinéraire et profil total de notre aventure : Lien Strava Brindisi-Firenze

Matériel :
L’idée est d’avoir un vélo qui roule, sur lequel je me sens bien. C’est pourquoi j’ai décidé de carrément emmener mon vélo de course. Un grand merci à Ciclissimo Valais pour le prêt des sacoches Specialized. Elles correspondaient exactement à ce que j’avais en tête: porter le minium, pour garder un maximum de confort sur la route.

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Voici une petite liste du matériel que j’ai emmené : casque, 1 cuissard, 2 maillots courts, 1 long, manchettes, jambières, bonnet, veste de pluie. 2 slips, 1 jeans, 1 training, 2 paires de chaussettes, 1 veste, 2 t-shirts, adenas, petit snack en cas de coup dur, cadenas, phares, sacs plastiques (=> pour garder le tout au sec si nécessaire), matériel en cas de crevaison, mini trousse de toilette.

Petit journal de bord des 10 étapes :

Etapa 1: Tempête « Pugliesque »
Bien arrivés dans le Sud après un magnifique vol au dessus des Alpes et le long de la botte, qui nous a fait prendre conscience de la distance à parcourir à vélo ces prochains jours. Malgré le soleil des Alpes, le capitaine de bord nous promet un vent violent et de la pluie dans le sud. Et il avait raison! Rarement vu une tempête pareille. Nous sommes restés au café pendant plus de deux heures espérant trouver une accalmie pour parcourir les quelques 50 km prévus pour cette première étape. Après avoir remonté nos vélos et nous être débarrassés des cartons utilisés pour le transport (et une dizaine de cafés!) départ dans le vent (la pluie s’était finalement calmée) tellement violent en bord de mer qu’il était dangereux avec nos valises. Nuit dans un Airbnb à Ostuni, magnifique ville toute blanche surplombant la mer.
50km – 2h00 – 355m D

Etapa 2: E tu dove vai a ballar? Vado a ballar in Puglia, Puglia… Puglia!

LA journée parfaite au niveau de la météo. Un ciel limpide, pur et lavé par les précipitations de la veille. Départ le ventre vide pour deux heures à travers les Pouilles. Pas de stress, comment en avoir au milieu des Trulli et Oliviers centenaires!?!? Le bord de mer (Monopoli et Polignano) est féérique, et l’eau cristalline. Quelques degrés de plus et on y aurait sauté sans réfléchir! Mais, après un petit déjeuner en bord de mer il est déjà temps de quitter la mer pour rentrer dans les terres, direction notre prochaine escale à Matera. Le final venteux et ouvert à souhait pourrait clairement être le théâtre d’une classique à bordure belge! Matera est une ville étrange, construite plus ou moins au milieu de nulle part, une ville de « montagnards » comme les spécialités culinaires locales à base d’agneau.
150km – 5h30 – 1600m D+

Etapa 3: La Grande Traversée
Départ matinal pour la plus longue étape du voyage. A travers la botte, dans les no man’s land du centre. Mais cette journée se passa mieux que prévu. Je craignais en effet un peu la montagne avec nos bagages! La région, en pleine explosion de couleurs automnale, même désertique est magnifique! Avec en happy end la descente sur Salerno au soleil couchant. Arrivés au crépuscule à Salerno, il nous fallait encore trouver un hôtel pour la nuit! Chose faite sans trop de souci et toujours dans la même gamme de prix fixée au départ.(50-60 Euros la nuit avec petit déjeuner). Direction la pizzeria!!
220km – 8h15 – 3200m D+

Etapa 4 : Costiera Amalfitana e Vesuvio
Réveillé un peu fatigué de la longue journée de la veille, après une nuit un peu difficile (pizza au ventre!) direction la Côte Amalfitaine. Très content d’y arriver sous un soleil à nouveau radieux et surtout un vendredi et hors période de vacances. En effet cette route étroite et escarpée sur cette côte décharnée est trop fréquentée en saison! Mais aujourd’hui la route est calme et nous pouvons savourer ces paysages à couper le souffle. Après avoir traversé la côte (70km environ) direction Napoli pour rejoindre notre Airbnb réservé sous le Vesuvio. Tentés par l’escalade du volcan malgré la fatigue présente, nous n’hésitons pas à deux fois. Et la petite heure d’ascension vaut clairement le détour. La vue sur Naples est splendide et les décors décharnés du volcan tout autant.
115km – 5h00 – 2200m D+

Etapa 5 : De la jungle urbaine napolitaine au calme des Abruzzes
Le départ en pleine ville me faisait un peu souci, mais on s’en sort sans encombre. La traversée de Napoli (plus de 50km) avec seulement 2 arrêts à un feu rouge… Qui l’eu crû !? Malgré tout une bonne poussée d’adrénaline, et 2 bons Expresso pour se relancer une fois le coup de feu passé. Direction plein nord… vent de face pour une étape un peu pénible le long des vallées menant aux Abruzzes. Mais le final de l’étape est magnifique, et vaut le détour. Quel plaisir d’être de retour dans les montagnes, territoire de l’ours et du loup! Une fois de plus à l’approche de la nuit, il nous a fallu trouver un hôtel. Nous dormons à Villetta Barea dans un petit hôtel de montagne, accueil chaleureux et repas « della Nonna » au top.
162km – 6h20 – 2100m D+

Etapa 6 : Tous les chemins mènent à Rome
Sortie des Abruzzes par la grande porte et toit de notre périple à 1500m d’altitude. Toujours du vent de face… Pour se remonter le moral, on s’octroie une belle boulangerie de classe en guise de lunch! Le sucre (et le gras) aidant nous atteignons Rome sans encombre, où nous sommes accueillis par LA SEULE goutte de pluie du voyage! Même pas de quoi sortir le K-Way. Belle soirée à Rome dans un petit hôtel du centre : Spritz, Gelateria et Amaro!
190km – 6h10 – 1600m D+

Etapa 7 : Riposo et sortie de Rome
Visite à pied du centre de Rome, que je ne connaissais pas. Vatican, Fontaine de Trevi, Panteon, vestiges romains et  Colosseo… Le grand classique! Mais en douceur avec la jambe un peu lourde de la veille. Pas évident (mais nécessaire!!) d’enfiler le cuissard en milieu d’après-midi, nous sortons de Roma via la fameuse SS1 Via Aurelia direction la mer. Mais arrivés à Ladispoli une mauvaise nouvelle nous attend. L’appartement loué via Airbnb a déjà été loué via un autre site internet. C’est « Magic Johnson » (manager du Team Illuminate) derrière son ordinateur de l’autre côté de l’Atlantique qui nous sauva la mise ce jour-là en nous réservant un superbe hôtel en bord de mer. Merci à lui!!
45km – 1h45 – 350m D+

Etapa 8 : Entrée en Toscana et arrivée de nuit
Enfin des conditions favorables pour remonter la mer direction Grosseto, le vent de dos nous pousse à une belle vitesse… si vite que pour la 1ère fois du voyage, nous nous trompons de chemin et perdons une vingtaine de minutes (qui auront leur importance en fin de journée). L’entrée en Toscane via Pitigliano est sublime!! Tellement longtemps que je ne m’étais pas rendu dans cette région où j’ai appris à aimer le cyclisme. Tellement beau de pouvoir perdre la notion du temps, sans avoir de but précis, d’endroit réservé pour la nuit ou de chose à faire. Simplement savourant le moment présent. Nous nous retrouvons pourtant dans une vilaine situation en fin de journée. Là où dans la région de Pitigliano, les Agriturismo étaient nombreux, nous nous retrouvons dans une sorte de désert avec des collines à perte de vue à la tombée de la nuit. Les fameux villages toscans perchés au sommet des montagnes ne nous inspirent guère. On se résout finalement à escalader la montagne pour rejoindre Contignano. Mais une fois arrivé là, tout est fermé en ce soir d’Halloween. Sauvé à la dernière seconde par Airbnb (qui nous couta 2 fois le prix payé jusque là) nous trouvons enfin un logement pour la nuit! Et l’unique pizzeria miteuse du village sera une superbe surprise : et de loin la meilleure pizza du voyage et tout ça sous fond de musique colombienne.
200km – 6h45 – 2225m D+

Etapa 9 : Strade Bianche e Vino Rosso
Cette fameuse sensation de se réveiller devant un superbe panorama inconnu après être arrivé de nuit la veille… Terminé le stress des longues journées de selle, il nous reste un peu de plus de 200km pour rejoindre Firenze, où se terminera notre bike trip. Début d’étape à la découverte des Gravel Roads les plus fameuses du monde : Les Strade Bianche toscane. Le contraste de ces routes blanches entourées d’oliviers et de ciel bleu limpide est magique. Visite de la ville de Montepulciano, cité viticole où nous avons pris le petit déjeuner. 2 heures plus tard, c’est à Montalcino, pays du Brunello, que nous avons savouré un apéro-dégustation! Un immanquable dans la région! Les vignobles, « en feux » et le soleil couchant sur les champs nus et desséchés décuple encore mon amour pour la Toscane. Arrivée dans le centre ville de Siena dans un petit hôtel au service irréprochable. Les meilleures pasta du voyage!
115km – 4h30 – 2000m D+

Etapa 10 : À travers les Collines direction Firenze
Dernier petit déjeuner à l’italienne, nous sommes allés visiter Siena avant de prendre la direction de San Gimignano via une forêt de chêne grouillante de sangliers. Le paysage est une nouvelle fois totalement différent. Journée un peu maussade, la température a bien chuté. La vieille ville de San Gimignano et ses tours est classée au patrimoine de l’UNESCO, mais un peu trop prise d’assaut par les visiteurs et ses rues étroites sont un peu trop fréquentées. La route choisie pour ensuite rejoindre Florence nous aura bien surpris avec ses nombreux « murs » à plus de 20%! Notre voyage se termine sous le Duomo de Firenze.
110m – 4h20 – 1800m D+

Petit Bilan :

1h30 de vol (Genève-Brindisi) – 10 jours de vélo – 51h de vélo – 1’350 kilomètres – 18’ooo mètres de dénivelé – 0 crevaison – 55 € de budget nuitée moyen – 10 bouteilles de rouge (au moins) – 2 goutes de pluie – 2 heures de lessive à la main – nombreuses déconades – 6 grandes villes italiennes visitées – 5 heures 30 de train (Firenze/Martigny)

Pour une première expérience du genre, on peut dire qu’on aura pas fait les choses à moitié. Pas le moindre souci matériel à déplorer, la météo est restée au beau fixe durant dix jours (l’automne, plus belle des saisons), les routes choisies correspondaient exactement à ce qu’on avait planifié, l’entente avec Yves au top… Et malgré si pour beaucoup il pourrait s’agir d’une folle idée de pédaler pendant plus de 51 heures en 10 jours pendant…. les vacances, la vision des choses est totalement différente que lors d’un camps d’entrainement ou d’une course!! Rouler tous les jours d’un point A à un point B est super encourageant, et les journées passent à une vitesse folle!

À refaire! N’hésitez pas à vous lancer.

Simon

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